Cet article est une traduction libre de l’excellent post de JR Raphael de ComputerWorld.
 

Attention chers lecteurs, nous sommes dans un tournant particulier de l’ère Android, et des smartphones en général.

Cela fait un moment que cela me turlupine, mais avec l’avènement des appareils surpuissants comme le Galaxy SIV ou le LG G2, c’est encore plus flagrant. La manière dont nous regardons la technologie est en train de prendre un énorme virage. Un virage à partir duquel vous ne pourrez plus revenir en arrière.

C’est ce que j’aime appeller la période « Et alors? ».

Depuis les derniers mois, les frontières et les bonds que nous faisons dans l’horizon des technologies mobiles ont commencé à se faire de plus en plus petits. Il n’y a pas si longtemps, mettre à jour son téléphone avec le nouveau modèle procurait une amélioration nette des performances, vos applications se lancaient beaucoup plus vite, vous gagniez en fluidité, et l’expérience générale se retrouvait nettement améliorée. Vous passiez aussi d’un écran 640*480à un écran HD, plus grand, avec de plus belles couleurs et vos yeux vous remerciaient.

La course était violente et rude, et les améliorations technologiques énormes, mais maintenant…

  • Votre smartphone possède une résolution de 1920*1080 sur un écran de 4 ou 5 pouces? « Et alors« ? Qui voit la différence avec le 1280*768 de la génération précédente?
  • Votre téléphone possède un Snapdragon 800 à 2.26GHz et pas un Snapdragon 600 à 1.7GHz… « Et alors« ? C’est bien, prends un chocolat… Sérieusement, il suffit de mettre les téléphones côte à côte pour se rendre compte que le plus puissant n’est définitivement pas le plus rapide (Samsung, si tu m’entends)
  • Il prend des photos en 21 Mégapixels? « Et alors« ? Avez vous oublié que c’est la taille du pixel sur le capteur qui permet de prendre de belles photos? Les abbérations chromatiques, le bruit, la netteté de votre image sont bien pires que sur un 8 Mégapixels

Reconnaissons le, c’est génial pour les geeks et les gens qui se pavanent devant les outils de benchmarking, mais dans le monde réel, c’est insignifiant. Vos yeux ne verront pas la différence entre un écran à 512 points par pouce et un 423 points par pouce. Le marketing est seul responsable de ces inepties. Seule votre batterie en souffrira, car elle devra afficher bien plus de pixels, mais vos yeux resteront insensibles.

Voilà donc cette période « Et alors? » qui est à nos pieds, et rien n’y changera. Le processeur, le nombre de mégapixels, ils ne sont plus le goulot des performances, ce qui était encore le cas il y a un an ou deux.

Moto-X-Listening

L’avènement de cette période voudra donc dire de gros changements dans la manière de présenter un produit. L’étalage de chiffres délirants n’est plus d’actualité, ou ne le sera bientôt plus.

Le plus bel exemple est le Moto X. Je me doute qu’en Belgique, peu de gens en ont entendu parler, mais il offre des fonctionnalités plus puissantes avec du matériel dépassé. Pas d’effet  « Et alors? » sur les spécifications. (Ceci n’est pas une éloge sur Motorola-Google ou de la publicité cachée, mais bien un exemple concret)

Comme ils le disent eux même «  »We could go and make a higher resolution screen, but it would just suck battery and no one would know the difference » »

Un vieux processeur dual core, un écran 316 ppp (Points par pouce). Mais pas de « Et alors? » car il suffit d’y rajouter un écran « standart », mais qui affiche vos emails, appels, SMS manqués et vos notifications lorsque l’appareil est en veille.

Il faut y ajouter une technologie qui écoute toujours et vous répond sans même allumer le téléphone en disant juste « OK, Google »

Ajoutons y aussi l’horloge qui s’affiche toute seule lorsque vous sortez le téléphone de votre poche, plus besoin de triturer le bouton « Power »

Ce sont ces additions qui font que les caractéristiques et le kikalaplugrosse provoquent juste un effet « Et alors? » pendant que les vraies innovation sont l’effet « Wow » sur lequel les fabricants devraient se pencher.